It may be more of a fact than news, but people from all over are getting excited about Whitehorse-based old-time string band Annie Lou. This universal love-on  includes a nomination for a Canadian Folk Music Award , placing the comparatively new band alongside Canadian folk mainstays such as Ian Tyson, Joel Plaskett, Great Lake Swimmers and Ndidi Onukwulu. Vocalist/guitarist Anne Louis Genest especially appreciates the Best Ensemble nomination. As she says, “It’s great because it feels like a nod from our peers, kind of a vote of confidence.”

Annie Lou began in 2007 when Genest found herself working on a number of new songs without any real outlet for performing them. Based on a common growing interest in old-time music and string-band arrangements, Genest invited her longtime friend Kim Barlow to collaborate with her on the claw-hammer banjo and vocals. After working on some original material and selecting some covers and traditional numbers, Genest and Barlow were eventually joined by the third core member, Virginia-born Lindy Jones on stand-up bass, who brought her own country honky-tonk roots to the mix.

From there things have come together organically, motivated by the positive response the band has been getting from audience and industry members alike. “We started playing some local festivals,” Genest explains, “but we got such a good response and we had so much fun that we got more into it.”

Despite the numerous successes over a short period of time, Genest insists the band is still only in its early stages. “We’re working on just building,” she says, “so we can get the word out there and start hitting other parts of the country and getting to share the music with other audiences.”

For Annie Lou, “building” has included the well-received spring release of their self-titled debut album and a subsequent string of festival appearances, as well as a 15-date tour around B.C. and Alberta. This was followed up by a fall tour, including showcases for both the Arts Touring Alliance of Alberta and the Organization of Saskatchewan Arts Councils, plus a handful of house concerts around the events.

There is no down time in sight as Annie Lou looks forward to even more time on the road in 2010. For Genest, it’s all a part of the same goal. “We’d like to be working musicians and be able to spend our time carrying out our work as artists,” she says. “I’d like to be able to earn my keep as a musician. Like being a carpenter or a welder or a baker, it’s your craft that you do every day.”



Translations prior to Fall 2010 are currently unavailable. 

Quand Luc De Larochellière a mis la touche finale à Un toi dans ma tête, il savait qu’il avait entre les mains une œuvre solide. Jamais il ne se serait douté, cependant, que son huitième album se hisserait au sommet du palmarès. Juste retour des choses pour cet infatigable créateur, confiné depuis trop longtemps à des succès d’estime.

 

Luc De Larochellière est incrédule, mais tout sourire : « en quelques semaines, on a écoulé plus de copies du nouveau disque qu’on en a vendu du précédent ! » La situation actuelle fait curieusement écho aux débuts du chanteur. On s’en souviendra, De Larochellière est entré dans le showbiz par la grande porte. Notre homme a tout juste 20 ans lorsqu’il triomphe au Festival de la chanson de Granby. Deux ans plus tard, il lance Amère América (1988), qui s’écoule à 50 000 exemplaires. Il remet ça avec Sauvez mon âme (1990), salué par 150 000 paires d’oreilles. Or à partir de Los Angeles (1993), ça tourne au ralenti. Bien sûr, il continue de se produire, d’être le fin observateur qu’on connaît et d’explorer diverses avenues stylistiques, mais Les Nouveaux héros (1996), Vu d’ici (2000) et Quelque chose d’animal (2004) sont moins remarqués.

 

Ses vieux succès, que la radio continue de faire jouer, portent même ombrage à ses nouvelles compositions. « C’est hyper frustrant, reconnaît le principal intéressé, sans toutefois cultiver d’amertume. Bien sûr, je peux me consoler en me disant qu’il y a eu des périodes où j’ai vendu des disques. Ce qui a un peu faussé la donne dans mon cas, c’est que j’ai vécu ça très jeune et le côté “vendeur de disques” s’est évaporé avec le temps. Honnêtement, je ne pensais pas que ça reviendrait. »

 

Un « moi » sur papier

Avant de commencer à travailler sur Un toi dans ma tête, De Larochellière s’est demandé si ça valait le coup d’entrer en studio une énième fois. L’artiste voulait aussi identifier ce qu’il avait à partager. Sa conclusion? Il devait s’éloigner des concepts pour faire place à ce qu’il y avait au fond de lui. Les séances de création débutent à l’été 2007. Partant de flashes colligés dans un cahier, comme les lignes « rage dedans » ou « un toi dans ma tête », il décide, pour la première fois, de pondre les textes avant les musiques. Il déménage d’autre part son lieu d’écriture dans un resto-bar montréalais, La Petite Marche. « Je voulais me sortir de mes affaires, explique-t-il. À la maison il y a toujours mille et une choses à faire – c’est le principe de la procrastination. Là, je mettais des feuilles et des crayons dans mon sac à dos et je partais. Je n’avais pas d’ordi, pas de télé pour me distraire. Dans ce temps-là, tu regardes le monde vivre et tu te mets à écrire. »

 

De Larochellière s’est toujours dirigé vers le même endroit, comme s’il allait au bureau. Que l’établissement soit vide ou complet, il s’y asseyait et se constituait une bulle virtuelle, propice à l’incubation des chansons. C’est ainsi qu’il a donné forme à son album le plus personnel à ce jour. Certes, il avait opté pour l’introspection précédemment, mais jamais il n’a laissé tomber la pudeur comme dans ses récentes pièces, où il aborde de douloureuses ruptures amoureuses, non sans poser un regard sur certaines thématiques sociales.

 

Cordes sensibles

Pour transcrire ses émotions au plan musical, Luc De Larochellière a opté pour une facture folk, magnifiée de cordes, de bois et de cuivres. Il a renoué avec son complice de toujours, le guitariste, producteur et arrangeur Marc Pérusse, auxquels se sont ajoutés de nouveaux collaborateurs, tels le claviériste François Lafontaine (Karkwa), le batteur Justin Allard ou l’orchestrateur Anthony Rozankovic. « Je voulais arriver avec un son actuel, mais intemporel, précise-t-il. […] C’est un mélange de musiques folk nourries à une tradition orchestrale classique – un peu à la façon des vieux albums de Nick Drake. »

 

La teneur intimiste du projet est telle qu’on a convaincu l’auteur-compositeur-interprète de sortir ses talents de dessinateur afin d’illustrer la pochette et le livret du disque. Bonne idée : ses feutres ont fait naître cette silhouette ornant la couverture, où le « toi » du titre apparaît à l’intérieur de son crâne. Fort à l’aise dans l’approche acoustique qu’il a privilégiée – quoiqu’il assure ne pas avoir enterré le rock – Luc De Larochellière transporte maintenant ses pièces sur la route, flanqué d’un trio de multi-instrumentistes. Une route qui pourrait être longue, compte tenu du succès d’Un toi dans ma tête. « Jamais je ne me suis autant foutu de la radio qu’avec cet album-là et, à ma grande surprise, “Beauté perdue” [le premier extrait] a connecté avec le monde… Ça vaut la peine de ne pas lâcher! »

 



Translations prior to Fall 2010 are currently unavailable. 

« Tu vois, je pars pour Portneuf avec Ariane Moffatt après notre entretien. C’est pas mal ça ma vie, je suis tout le temps sur la route. Quand ce n’est pas pour moi, c’est pour les autres. » Depuis un an, celle qui s’est rebaptisée Marie-Pierre Arthur jumelle deux emplois du temps, celui d’accompagnatrice bassiste et surtout, ces derniers mois, celui de musicienne, auteure et interprète à part entière. La grande brune aux yeux rêveurs signait en mars 2009 un premier disque éponyme pour la maison de disque Bonsound (Yann Perreau), des chansons intimistes finement arrangées, qui mêlent pop et folk, habitées d’air et de quelques brins de terre.

 

Et la vie semble bonne depuis que Marie-Pierre Arthur ose chanter ses états d’âme. Les critiques ont embrassé tout de go la nouvelle venue dont les nominations ici et là (Gamiq, Adisq, révélation musicale à Radio-Canada, nomination pour le prix Félix-Leclerc aux FrancoFolies de Montréal) révèlent le succès d’estime que la demoiselle remporte partout où elle va. Comme sa personnalité, son tracé est jalonné d’un enthousiasme contagieux et d’un profond goût du partage.

 

Le chemin vers soi

« C’est ma voix qui m’a emmenée vers ce premier disque. J’ai toujours chanté, avant même de jouer de la basse. J’ai même étudié le chant jazz. » L’étincelle vers la création s’allume lorsque Marie-Pierre s’entoure de François Lafontaine, Louis-Jean Cormier (deux membres de Karkwa), Olivier Langevin et Robbie Kuster (batteur pour Patrick Watson) pour reprendre et déconstruire des chansons populaires sous l’identité de Marie et les Marchands d’armes. Le plaisir est alors si fort qu’il dérange le train-train quotidien. « C’était tellement libérateur… Tellement que c’était rendu impossible de ne plus vivre ça tout plein de fois. C’était pas tant l’envie d’être chanteuse qui me rongeait que celui de créer. Je demandais même que ça s’arrête cette envie-là, parce c’était dans mes jambes. J’avais une vie qui allait bien, j’avais pas besoin de ça. »

 

Une graine de liberté germe. À la maison, Marie-Pierre débute l’écriture de trames musicales, seule. C’est toutefois en compagnie de son amoureux François Lafontaine, claviériste pour Karkwa, qu’elle compose le simple « Pourquoi », unique collaboration. Bien que Lafontaine signe d’autres plages musicales sur le disque, il insuffle avant tout à la musicienne une sorte de disposition à la création. « La façon d’être de François m’a poussée vers ma propre voie. Y’est tout le temps lousse, ouvert à la musique qui est en lui, alors que moi, j’abordais tout ça en rendant des comptes, en opérant. Je réalisais que je ne me faisais pas assez de fun. La musique était devenue un travail, à la longue. »

 

Si la voie vers les notes semblait couler de soi pour la musicienne, l’idée d’écrire des textes générait plus d’une peur. Encore aujourd’hui, Marie-Pierre Arthur se défend bien d’être une auteure, bien qu’elle co-signe presque la totalité des paroles sur la galette. Pour trouver les mots justes, la jeune femme de trente ans s’acoquine les services de sa bonne amie, la chanteuse Gaële. Ensemble, les pages du journal intime de Marie-Pierre en main, elles ont cherché les mots qui faisaient peau. « J’arrivais avec les musiques, on s’assoyait, et elle sortait des mots qui collaient à mon journal, à mes histoires. On travaillait en live, je reprenais la phrase six fois de suite. Y’a des mots que je refusais de dire même si l’image était magnifique. C’était tout un travail entre une Gaspésienne et une Française, deux phrasés très différents. »

 

L’esprit du clan

Ces racines de la Gaspésie, l’air salin du fleuve à Grande-Vallée, ont aussi laissé quelques traces. Il y a ce nouveau nom qui vient d’une expression du coin, la « Marie-Pierre à Arthur » raccourcie et optimisée. Et aussi une manière de faire posée et enveloppante, propre à la petite enfance de celle qui est née Fournier. « Toute notre enfance a été habitée par la musique. Ma mère et mon père enseignaient à la maison, y’avait des ti-gars qui grattaient une guitare, des ti-filles qui jouaient du piano. On ne se prenait pas la tête avec la musique, rien de ça n’était entouré de discipline. J’ai donc jamais associé la musique à la performance. »

 

La famille reste, malgré un nouveau parcours solo, chère au cœur de Marie-Pierre Arthur. On le note à l’enregistrement de la galette éponyme qui réunit comme musiciens les anciens Marchands d’armes. Et pour la réalisation, Marie-Pierre s’entoure de Louis-Jean Cormier et François Lafontaine. Ici, la création demeure une histoire de partage afin de toucher l’essentiel, l’éveil de quelques soupçons d’âme. « J’ai pas l’orgueil de tout vouloir signer. Quand j’écoute un disque, je ne me demande pas qui a fait quoi. Je veux juste être touchée. Et j’ai plus de chance d’y arriver en étant bien entourée qu’à vouloir prouver à tout le monde que je suis capable de tout faire toute seule. »